New York Blues dans les eighties :
Date: 22 Octobre 2000
De: Jean-Michel Borello <jeanmichel63@wanadoo.fr>
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J’ai envie de vous parler d’un endroit magique qui malheureusement n’existe plus aujourd’hui mais qui restera à tout jamais gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont connu: le Dan Lynch Cafe. Il était situé dans Manhattan, sur la 2° avenue, entre les 13° et 14° rues ,dans ce qu’on appelle l’East Village. C’était à l’époque un quartier encore populaire, avec des épiceries indiennes ,des restaurants ukrainiens ou juifs, des dealers et quelques prostituées.
J’ai intensément fréquenté ce lieu entre 1985 et 1989,à une époque où j’habitais le New Jersey, à vingt minutes de voiture de Manhattan.
En arrivant aux USA, j’ai bien sur cherché à entrer en contact avec les milieux du Blues et quelques jours après mon arrivée, je tombais sur une annonce sur le Village Voice à propos d’une New York Blues Appreciation Society. Mon coup de téléphone tomba sur une voix féminine qui m’invita à venir les voir au Dan Lynch Cafe, dimanche prochain à 17h.
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Bill Dicey |
Ce jour là, je pris une poignée d’harmonicas (je n’osais pas encore prendre ma Fender…) et le cœur battant, je poussais la porte du bar. Une odeur âcre me pris à la gorge, mélange de bière, d’urine, de grésil et d’herbe brûlée…L’endroit était très sombre. A ma droite, le bar, avec une charmante serveuse blonde (qui venait de Zurich et qui s’appelait Carol comme je l’ appris plus tard) au fond, un billard, juste devant les WC. Et à ma gauche, derrière ce qui devait être l’ancien comptoir, l’orchestre, qui jouait un Chicago Blues sourd et violent. Il s’agissait de Bill Dicey, harmoniciste chanteur et animateur des fameuses Sunday afternoon jam du Dan Lynch. A gauche de l’orchestre, un escalier menait à la cave ,domaine du gérant (Mike, antipathique à souhait ,mais pas un mauvais bougre quand on le connaissait) et de certains initiés qui en remontaient souvent chancelants…Sur les murs ,on pouvait voir les affiches des groupes qui se produiraient dans les prochaine semaines. Le Dan Lynch passait un groupe par soir, essentiellement des locaux. Le public de ce dimanche était composé des musiciens qui attendaient patiemment que la jam s’ouvre. Lorsque Bill eu terminé son set, ce fut le moment de s’inscrire sur la liste . Je compris plus tard que cet instant était hautement stratégique. Si on optait pour s’inscrire tout de suite, on jouait devant dix personnes et pas avec les meilleurs musiciens…Si on se mettait vers la fin de liste, on risquait de ne pas passer du tout, la jam se terminant à 21h…Le mieux, c’était de viser les 19/20h heures, l’endroit était alors bourré à craquer…
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Nat Riddle |
Cette scène, je devais la revivre pratiquement tous les dimanche après midi pendant ces quatre ans…J’ai plus appris le blues dans ces jams que pendant tout le reste de ma vie ! L’expérience de jouer chaque semaine vingt minutes durant avec des gens différents avec lesquels il fallait s’adapter dès les premières mesures valait bien tous les professeurs du monde ! Et le public, quoique bienveillant en apparence était sans pitié…On était obligés de sortir le meilleur de soi. Comme j’étais guitariste/chanteur, j’avais le privilège de pouvoir choisir mon répertoire et je m’étais fait un point d’honneur à venir chaque dimanche avec trois nouvelles chansons que je travaillais avec acharnement pendant la semaine…
La musique n’était pas, loin de là toujours de la meilleure qualité, mais ce bar ruisselait d’authenticité…N’importe qui poussant la porte savait dès l’entrée qu’il était dans le royaume du Blues…C’était d’ailleurs le seul bar de New York où on pouvait éprouver ce sentiment. Ailleurs, ça pouvait être plus propre (ça, c’était facile) l’orchestre pouvait être plus organisé, le patron plus sympathique ,mais nulle part ailleurs ça ne pouvait être plus Blues ! Le public était mixte, noirs et blancs mélangés, ce qui était plutôt rare à New York, composé de gens du quartier, d’étudiants, mais surtout de musiciens qui venaient là pour se rencontrer et se mesurer les uns aux autres.
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Holmes Brothers |
Les jams étaient dès le début (vers 1981) menées par Bill Dicey, un excellent harmoniciste mais qui avait hélas de mauvaises habitudes de vie…Comme d’ailleurs un certain nombre de figures du bar…Ce qui fait que pas mal de ces gens sont aujourd’hui hélas passés dans un monde meilleur. Il a ensuite laissé la place à Sherman Holmes (bassiste des Holmes Brothers, la photo de pochette de leur 1° cd est d’ailleurs prise au Dan Lynch) puis à Harry Holt (également bassiste et grand junkie devant l’éternel) .
Lorsque j’y étais, une des principales figures était Charlie Hilbert, le guitariste habituel de Nat Riddle (que je n’ai hélas jamais pu voir , il était alors reparti en Caroline, mais j’en ai beaucoup entendu parler) Les habitués racontaient avec effarement sa rentrée dans le bar, un soir de décembre 1985,dégoulinant de son sang car il s’était fait tirer dessus par l’amant de sa copine au coin de la rue…Il a d’ailleurs quitté New York après cet incident. Et puis Adam Gussow, le futur compagnon de Satan, Wild Bill Durkins, un impressionnant guitariste blues/rockabilly, Sleepy Lester, mon vieux collègue harmoniciste du Mojo Hand Blues Band, Poppa Chubby, qu’on aimait pas trop parce qu’il jouait trop fort et pas bien, Chuck Hanckok, un saxophoniste franchement déjanté…Et Andy Story, un grand guitariste qui aurait pu faire une belle carrière s’il avait bien voulu quitter son job à la poste…Et puis encore des dizaines d’autres…Il n’y avait pas que des bons, mais presque tous avaient cette folie particulière qu’on semblait attraper rien qu’en poussant la porte du bar !
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Jean-Michel Borello (gtr) et Lorraine Larocca |
La chanteuse (il y en avait beaucoup qui venaient) qui m’avait le plus sidéré était Lorraine Larocca, chauffeur de taxi, aussi large que haute, lunettes noires et bracelets de cuir ,et qui à chaque fois qu’elle apparaissait ,jouait deux morceaux, toujours les mêmes : " Mean and evil " un blues lent en ré avec un break qui faisait à chaque fois écrouler le bar et " Johnny B Good " Après elle, on ne se bousculait pas pour monter jouer…Par contre, on se serait volontiers battu pour l’accompagner !
Il y avait deux batteurs avec lesquels je m’entendais particulièrement bien : Les, un petit exilé polonais qui jouait déjà dans son pays avec le meilleur groupe de blues local (d’après ses dires) et Charles Otis, un très élégant monsieur, avec un éternel cure dent dans la bouche et qui racontait des histoires incroyables sur tous les gens qu’il avait accompagné dans sa longue carrière…
Vers l'été 1988,j'étais parti en vacances dans le Sud et en rentrant, le premier dimanche, je fonce au Dan Lynch.Les types me disent:"Oh man,you really missed something last week! A young french guy came, kind of little fellow, he sang and played the guitar just like BB King himself! He tore the joint down, man! His name was Frank Ash I think!" |
Le répertoire habituel était surtout basé sur le Chicago Blues, mais on pouvait aussi y entendre de la soul (I got you de James Brown était un grand favori) et un peu de rockabilly ou de jazz. Le rock’n’roll contemporain était strictement prohibé par une règle non écrite mais très respectée…J’ai vu Harry Holt (1,58m et 43kg) virer un guitariste chanteur body buildé en disant : " We dont play no Rock’n’ Roll in here man ! " Et tout ça avec le soutien unanime du public.
On voyait aussi souvent Len Kunsdadt, ex mari de Victoria Spivey et producteur des disques du même nom . Il adorait venir enregistrer ce qui se passait dans le bar et de temps en temps il sortait un album en général inaudible, mais donc tout le monde était très fier ! Toute la collection était à vendre au bar. Je regrette de ne pas avoir tout acheté à l’époque parce qu’aujourd’hui ces disques atteignent des sommets dans les magasins spécialisés !
Après être passé par deux années où il était devenu très à la mode (1993/1995),ce qui a d’ailleurs du le tuer, le Dan Lynch cafe a fermé en 1996 et a été remplacé par un restaurant " Health food " pour yuppies pressés. Lorsque j’y suis repassé en 1999,c’était une boite techno.
Tout cela est bien triste, mais ainsi va le monde…Les dealers, les junkies, les prostituées et les dingues de blues ne paradent plus devant l’entrée du bar. New York a décidément bien changé.
Date: 25 Octobre 2000
De: Chris Ridin' On Godel <christophe.godel@freesbee.fr>
(photos de l'auteur)(sauf la pochette du CD!)
Ce disque est un de ceux que j'écoute le plus depuis juillet. Je crois qu'il
est évident que je l'aime, et que je retrouve tout ce que j'ai ressenti à
Cognac. Bien sûr, on pourrait me taxer de la nostalgie aigu, ce qui ne
serait pas faux, mais tout de même, il y a matière pour qualifier cet album
d'indispensable !
Après cette halte touchante, Guy reprend la route avec son "meet me where
the river turns". Un p'tit blues dansant et léger fort sympathique. Et je
vais le citer pour que vous preniez mesure du personnage :"I wrote this song
in about one hour while driving through British Columbia. I guess I must've
seen a river somewhere". Voilà ce n'est pas plus compliqué que cela le Blues. Une heure, un blues, un p'tit morceau de vie léger et plein de soleil.
Date: Octobre 2000
De: Cédric Vernet <cedricblv@hotmail.com>
LGDG : Avant de commencer cette interview, peux-tu nous donner tes
impressions sur cette très belle salle du Train-Théâtre ?
Thierry Anquetil :
Super impression, super endroit, super accueil ! L'acoustique de la salle est
vraiment génial. Le public y était très éclectique, sympathique et humain.
LGDG : Où en est ton projet de deuxième album ?
Thierry Anquetil : Le
deuxième album attend des sous. Nous avons fait des demandes de subventions au
conseil général de Basse-Normandie qui vont certainement se débloquer. C'est un
problème matériel mais on est plein d'espoir. Je suis conscient que tout cela a
pris du temps et je m'en excuse auprès du public qui attendait un nouveau
disque. De toute façon, ça nous devient vital d'avoir un nouveau produit
vraiment pro. Actuellement nous avons un nouveau disque mais il est artisanal.
Cela nous permet tout de même de démarcher dans les festivals. Le principal
c'est d'être présent et de continuer à être vivant.
LGDG : Le premier album date de 1997 et il comprenait que des compositions
personnelles. Est-ce-que ça te tente de faire des reprises sur le prochain
disque. ?
Thierry Anquetil : Oui tout à fait. Je me sens plus
interprète dans ma tête que compositeur. Quand on est un bluesman, je pense que
la créativité est dans l'improvisation. Le blues, comme le jazz, sont des
musiques d'improvisations. C'est là qu'on trouve notre bonheur. Mais je
continuerais à faire des compositions bien entendu. J'envisage même de faire des
titres en français. C'est une autre démarche, c'est un autre monde. Pour
l'instant, je veux rester dans le blues et être un bluesman européen au niveau
artistique donc je continue à chanter en anglais.
LGDG : Quel regard porte-tu sur le blues français contemporain ?
Thierry
Anquetil : J'ai rencontré Patrick Verbeke au festival de Tullins. Ca s'est très
bien passé humainement parlant. Quant je suis rentré sur Caen, j'ai écouté son
nouvel album quelques mois plus tard et j'ai pris une claque. Je pense
qu'il est vraiment au top. Il ne faut pas oublier que des gens comme Benoît Blue
Boy ou Patrick Verbeke sont des pionniers du blues en France. Ils ont tracé la
voie et lorsque la brèche était faite on est passé derrière eux. Ils sont la
preuve qu'on peut chanter le blues en français et je chanterais moi aussi un
jour en français. Mais pas seulement, l'anglais est tout de même une langue
universel. Je suis en fait devenu un défenseur du blues français. Il y a
quelques années, je pensais que le blues ne pouvait se chanter qu'en anglais.
Mais le débat blues français / blues anglais n'a pas de sens. L'essentiel c'est
de le faire avec le cœur.
LGDG : Chanter en français permet peut-être une meilleure communication avec
le public ?
Thierry Anquetil : En utilisant la langue française, les
français vont bien sûr mieux nous comprendre. Cependant, dans les festivals de
blues, je suis persuadé que la moitié du public ne comprend pas l'anglais et
pourtant ils sont là et ça leur plaît à mort ! Pourquoi ? Parce que le blues est
un état d'esprit avant même d'être une musique, une couleur de peau, une langue.
Donc on ressent l'émotion. Tout le monde connaît bien les textes de blues
puisque c'est la vie de tous les jours, aussi bien la vie triste que la vie
heureuse. Que tu chantes en espagnol, en français ou en chinois le blues est
toujours là.
LGDG : Tu as joué deux fois au festival de Tullins. Tu y as rencontré Patrick
Verbeke en 2000 et Franck Ash en 1999. Ce dernier nous avais dit en interview
qu'il avait gardé un très bon souvenir de sa rencontre bluesical avec toi. Je
pense que ça doit être réciproque ?
Thierry Anquetil : Oui tout à fait.
Bizarrement avant de venir la première fois à Tullins il y a 2 ans, j'avais fait
une interview sur le magazine BLUES & Co. Lorsqu'ils m'ont demandé
quels étaient mes bluesmen français préférés, c'est lui qui m'est venu en tête
en premier. Le hasard a fait qu'on s'est retrouvé quelques mois après ensemble
sur la même scène à Tullins. J'en ai un super bon souvenir. C'est vraiment
quelqu'un de très pro.
LGDG : La presse spécialisée te considère comme un des 4 meilleurs bluesmen
français. Qui mettrait-tu dans ton podium de tête.
Thierry Anquetil : Tu me
poses une question qui me touche directement car j'ai toujours exclu d'entrée de
jeu l'esprit de compétition et de comparaison dans un domaine artistique. Les
podiums c'est bien mais pour le sport. Si on peut dire que quelqu'un est
meilleur c'est qu'il va t'aller droit au cœur. Mais après c'est une question de
circonstance. En ce qui me concerne, je peux difficilement faire ce type de
classement. On peux tous être numéro un.
LGDG : Comment as-tu découvert le blues et as-tu découvert la musique avec le
blues ?
Thierry Anquetil : Non, j'ai toujours été fou de musique. Je suis
chanteur avant d'être guitariste. J'ai toujours chanté. Le plus loin souvenir
que j'ai c'est quand, tout petit, ma mère chantait Tino Rossi et Luis Mariano,
et que je chantais derrière elle. A 12 ans, je faisais des imitations de Tino
Rossi et de Luis Mariano et je chantais dans les mariages. C'était mes premières
idoles. Ensuite, je suis venu tout naturellement à la variété française : Claude
François et Eddy Mitchell. Lui, ça commençais à me travailler lorsqu'il s'est
mis à faire deux ou trois Rock'n'roll. Je regardais sur les albums, c'était
signé Claude Moine et Chuck Berry. Et justement, c'est à l'armée, en 1976, que
j'ai eu la grande révélation. Je suis allé voir Chuck Berry au stadium municipal
de Toulouse. J'ai pris une claque quand il a fait un blues. J'avais jamais
entendu de blues de ma vie ! J'ai eu une main géante grande comme le stadium
municipal qui m'est tombée dessus et j'étais enterré six pieds sous terre. Si tu
veux, la première fois que j'ai entendu un blues, ça m'a claquer la tête parce
que ça correspondait vraiment à ce que j'avais toujours en moi, à mon feeling.
J'ai trouvé la musique qui correspondait à mon état d'esprit et là j'ai foncé.
LGDG : Qu'est ce que le blues t'as apporté de plus beau dans la vie ?
Thierry Anquetil : A l'époque je ne jouais pas d'instrument. Le fait de
s'intéresser au blues m'a poussé à en apprendre un. Lorsque je suis rentré de
l'armée, fin 1979 à 22 ans, j'ai acheté ma première guitare. J'ai fait mon
premier concert en Septembre 1980 alors que j'avais six mois de guitare !
LGDG : Comment s'est passé ton été musical ?
Thierry Anquetil : L'été
s'est très bien passé. On a fait pas mal de choses dont Tullins avec en première
partie Popa Chubby. C'est toujours un plaisir de venir au festival de Tullins.
L'ambiance, l'accueil, c'est super sympa pour tous les artistes qui vont
là-bas. On a passé une bonne saison en général même si on n'a pas été
débordé par les évènements. On fera mieux l'année prochaine.
LGDG : Thierry Anquetil, merci et à très bientôt.
Thierry Anquetil : A
bientôt merci !
Propos recueillis par C.Vernet le 14/10/00 pour Radio BLV
(BLUES'N'Co, tous les samedis de 12H15 à 14H, Radio BLV - 93.6 FM (Drôme - Ardèche), Sur le web : www.bluesnco.fr.fm )
Contact Scène Rhône-Alpes : BGB Productions - 04 76 07 78 33 Hors RA : 02 31 08 49 36
Date: 9 Octobre 2000
De: Uncle Lee <latailla@club-internet.fr>
Date: 14 Octobre 2000
De: Aliocha <al.blues2000@magic.fr>
Dans "Le Blues" la première partie se lit comme un roman : il s'agit d'une historique du blues romancée, qui prend comme points de repères des personnalités marquantes de l'histoire de notre musique. Et si je parle de roman, c'est qu'à aucun moment on ne rentre vraiment dans les détails "techniques" (dates, heures et lieux des enregistrements, musiciens présents ou supposés présents, température extérieure au studio, température à l'intérieur du studio, menu du jour au restaurant au coin de la rue, etc ...) ; S.Koechlin nous dévoile l'histoire du blues, avec ces "légendes" et tous les petits trucs qui rendent le blues aussi mystérieux au premier abord, mais sans pour autant tomber dans la fiction, il ne s'agit pas d'une version écrite de "Crossroads" (le film). On est tout le long du livre captivé par l'aspect magique du blues, et même quand on croit déjà connaître tout cela. Alors si les plus acharnés des "archivistes" pourront trouver ce livre a priori trop axé sur le "mythologie du blues", je ne peux que leur conseiller de ce faire leur idée par eux-même : ils risquent d'être fort surpris.
texte: Uncle Lee <latailla@club-internet.fr>
interview et photos: Didier Taberlet <didlus@club-internet.fr>
Love In Vain… ce fut le dernier titre qu'interpréta John Hammond lors de
son passage à Blois. Et ce fut une des interprétations de ce titre les plus
émouvantes que j'ai pu entendre.
je n'écris pas de chansons. Je connais beaucoup de chansons, je suis un chanteur, un musicien, c'est ce que j'aime faire. Il y a tellement de belles chansons, je n'en ressens pas le besoin ...
Date: 20 Octobre 2000
De: Docteur Blues docteur Blues <jtravers@europost.org>
En effet, les Impérial Crowns, comme des affamés, réaniment la flamme,
pressent le jus d'un blues d'aujourd'hui, sans édulcorant. C'est peut-être
pour cette raison que ce disque étanche notre soif de nouveauté. Il est vrai
que sans être méchant avec nous même (musiciens et critiques), on a besoin
d'un petit coup de fraîcheur de temps en temps pour nous faire avancer.
Les Imperial Crowns : Jimmie Wood à l'harmo, JJ Holiday à la slide et Billy
Sullivan aux drums, sont des sidemen accomplis, ils ont joué avec des
pointures dans différents styles musicaux, on peut citer : Bruce
Springsteen, Megadeth, Hubert Sumlin ou Sunnyland Slim rien que ça ! Ils
sont aussi des pensionnaires attitrés du House of Blues de LA. Je vous
signale également que des extraits de ce CD ont été employés dans
différentes BOF de films américains comme "Simple Plan" et "The Runner",
entre autres...
Date: 31 Octobre 2000
De: Mike Lécuyer <mlecuyer@club-internet.fr>
Après quelques mails d'encouragements de Pierrot "Mississippi" et de son
nouveau e-pote Olivier "LGDG" , la chaine est lancée fin septembre 1999... [voir LGDG n°13]
(Pas vu à la télé, pas un seul disque Universal, mais c'est cool quand même
:-)
Date: 22 Octobre 2000
De: Uncle Lee <latailla@club-internet.fr>
Cela aurait pu être le cas de Mance Lipscomb, si celui-ci n'avait été
enregistré presque par hasard en 1960. C'est en effet parce que MacCormik
était parti au Texas chercher Lightnin' Hopkins et qu'il ne le trouva jamais
(non pas à cause de la quatrième dimension mais parce qu' Alan Lomax l'avait
devancé de quelques jours, emmenant le guitariste texan à son premier
festival de blues..) qu'il décida de se mettre à la recherche d'un éventuel
musicien de "vieilles chansons". A Navasota (Texas, Brazos Bottoms),
toutes les personnes questionnées à ce sujet lui répondirent sans hésiter :
Mance Lipscomb. Accompagné de Chris Strachwitz (qui enregistra à cette
occasion le premier disque du label Arhoolie), il rencontra alors un homme
de 65 ans qui les accueillit avec gentillesse et saisit fièrement sa guitare
pour répondre à leur demande. En vrai songster qui s'adapte à son public
(ici des blancs), Lipscomb leur joua tout d'abord Saint Louis Blues. Un peu
déçu, MacCormik lui demanda si il ne connaissait pas plutôt des chansons
typiques de la communauté noire du Brazos. "Oh d'accord, je vois..." sourit
Mance Lipscomb, "Vous voulez entendre la vraie musique !". Et alors
MacCormik ne regretta pas son déplacement, car de huit heures du soir à une
heure du matin, Lipscomb leur interpréta un florilège de son répertoire. La
séance fut interrompue par le guitariste qui s'excusa auprès de ses
visiteurs : il désirait dormir un peu avant de se lever à 5 heures du matin
pour aller travailler.
Mance Lipscomb, né en 1895 et mort en 1976, est le songster typique. A 11
ans, il dût prendre un travail pour faire vivre sa famille quand son père
(ancien esclave devenu violoniste itinérant après l'émancipation) disparût
de la circulation, et il devint métayer à l'âge de 16 ans, sur une terre de
20 acres. Le métayage tel qu'il était pratiqué au sud des U.S.A. à cette
époque permettait aux grands propriétaires blancs de maintenir les noirs
dans un système de quasi esclavage puisque la part de la récolte que
touchaient les métayers (50%) servait en grande partie à rembourser le
Commissary Store qui fournissait vivres, outils, mules, semences. Pour
vivre, il restait environ 150 à 200 $ par an au métayer qui n'avait plus qu'
à s'endetter à nouveau pour préparer la prochaine récolte. "J'ai vu des
hommes battus à mort pour rien" raconta plus tard Mance Lipscomb en parlant
de cette époque.
Date: 28 Octobre 2000
De: Jocelyn Richez <jrichez@hotmail.com>
(photos de l'auteur)
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Studebaker John |
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Little Arthur Duncan |

Comme tous les débats (animés) de La Gazette, celui-ci a commencé par un simple message :
@patrice
Avec des positions archi-simples et un max de cordes à vide, Robert Johnson utilisait comme ses prédécesseurs ce qui manque à la plupart des guitaristes électriques: une /vraie /main droite!
@lbop
Depuis Hendrix, les "électrifiés" n'ont plus besoin de main droite. A l'époque de Johnson, les guitares étaient faites pour "sonner" et utilisaient des tirants "à faire peur" aux guitaristes actuels.
Il FALLAIT avoir une main droite.Même plus tard, des gens comme Freddie Green utilisaient de véritables poutres injouables pour le commun des mortels sur leur Stromberg.
Ca n'explique rien du talent "unique" de Johnson, ces prédécesseurs n'ayant jamais donné l'impression d'être "vraiment" accompagnés par le diable.
@olivier
Bien que je ne veuille pas "gâcher" l'éloge de lbop pour RJ, je me fais l'avocat du diable (c'est le cas de le dire!): dans les prédécesseurs de RJ, il y avait quand même quelques allumés... notamment Tommy Johnson et Ike Zinnerman, ce denier n'ayant malheureusement laissé aucun enregistrement mais ayant été le "mentor" de RJ.
Les 2 prétendaient aussi (et donc avant RJ) avoir rencontré le diable au crossroad...
@patrice
Les pièces de Robert Johnson ne seraient pas nécessairement plus impressionnantes que celles de ses aînés s'ils avaient bénéficié des mêmes conditions d'enregistrement dix ans plus tôt, et surtout si les matrices nous étaient parvenues dans le même état de fraîcheur.
Preachin'Blues est absolument hallucinant, mais que donnait la version de Son House de 1930, à laquelle nous ne pouvons accéder que sous la forme d'un repiquage crachouilleux ?
Walkin' Blues est un "tube" saisissant, mais Bruno ( Whap Droux Whap ) peut désormais certifier que le diable était également pour quelque chose dans l'original "Black Mama"
De même et pour cause dans Devil Got My Woman de Skip James, pompé sous le titre "Hellhounds On My Trail"
Loin de moi l'idée de nier le talent de créateur de RJ, qui a su intégrer tant de styles traditionnels pour en extraire la quintessence et les couler dans un moule totalement original. Mais ce dépassement ne doit pas faire oublier les styles qui l'ont précédé.
Parmi les innombrables versions de Rollin' And Tumblin', je continue de penser que celle de son créateur Hambone Willie Newbern demeure inégalée en termes de jeu de main droite. Pour revenir aux styles du Delta, il existe plusieurs familles de morceaux ( "Poney Blues", "Screamin' And Hollerin" de Patton avec ses basses à contretemps sur les quatre premières mesures ) que Robert Johnson ne s'est jamais risqué à interpréter en raison de leur complexité rythmique.
Je voulais simplement dire qu'au-delà du son, la plupart des guitaristes d'avant-guerre considéraient la guitare comme un instrument polyphonique, utilisant non pas dix mais deux, trois ou quatre doigts à la manière d'un guitariste classique. Non seulement Robert Johnson avait à son époque un nombre respectable d'égaux qui avaient nom Tampa Red, Blind Boy Fuller, Big Bill ou Bo Carter, mais il serait ambitieux de vouloir citer tous les guitaristes qui, six ou dix ans avant lui, avaient signé un pacte avec le diable... ou plus simplement appris à se servir de leur main droite ;)
@olivier
Il ne faudrait pas réduire RJ au rôle de technicien hors-pair qui aurait "inventé" une technique... ce gars là avait tout simplement du génie (rendez-vous compte: 1936!), même s'il a bien sûr été influencé par d'autres.
@patrice
La maîtrise technique de Robert Johnson est incontestable, mais les procédés qu'il utilisait n'étaient pas réellement nouveaux.
Je ne vois pas ce que cette date peut avoir de surprenant, à la même époque se font connaître Kokomo Arnold, Blind Boy Fuller ou Big Joe Williams qui étaient loin d'être des manchots. Peu auparavant des gens comme Henry Townsend, Charlie Jordan, Scrapper Blackwell, Tampa Red ou Carl Martin se signalaient par une technique au moins aussi époustouflante. Et cinq à dix ans plus tôt on aurait pu citer sans exagération Blind Lemon Jefferson, Blind Blake, Little Hat Jones, Sam Collins, Lonnie Johnson, Clifford Gibson, Oscar Woods, Buddy Boy Hawkins, Willie Walker, Willie McTell, William Moore, Willie Brown, Tommy Johnson, Furry Lewis, Bo Carter, Skip James...
et j'en passe!
Robert Johnson est "moderne" dans la mesure où il fait le lien entre la période la plus riche du blues rural ( 1926-31 ) et ses dignes successeurs ( Muddy, Elmore James, Howlin' Wolf... ) pour ses morceaux les plus audacieux, inspirés de la tradition du Delta. La grande majorité de ses autres pièces, pour la plupart jouées en La standard sur un rythme ternaire rappelant Leroy Carr, ne présentent pas de réelle difficulté technique à partir du moment où l'on sait "marteler" la basse rythmique et conserver une indépendance suffisante des doigts de la main droite ( toujours elle ;) ce que d'autres faisaient bien avant ( par exemple Big Bill, que j'ai malencontreusement oublié dans ma liste )
Son "génie" réside avant tout - à mon humble avis - dans son aisance, sa créativité et la variété des styles qu'il intègre, mais le blues avait déjà une longue histoire, riche de techniques au moins aussi élaborées que la sienne.
@olivier
Sans déc, personne (ici) ne dira que RJ a "inventé" le blues.
Par contre, qu'il était génial: je le dis.
Bien sûr, il a eu des prédécesseurs. Bien sûr on peut trouver dans les titres de RJ des "trucs" que d'autres ont fait avant lui. Bien sûr il a bénéficié des premiers enregistrements de qualité suffisante pour arriver jusqu'à nous.
Mais il n'y a pas que ça... Je pense sincèrement que Robert Johnson a joué un rôle primordial dans ce qu'est devenu le blues (et ses nombreuses branches): citons en exemples les Rolling Stones, Clapton... Il n'a pas été "redécouvert" comme beaucoup de vieux bluesmen un temps oubliés et retrouvés grâce au blues revival. En fait, sa musique a été perpétrée (professeur René... au secours!) par ceux qui l'ont côtoyé (Johnny Shines, R Lockwood Jr, Edwards, qui ont toujours reconnu en lui leur "maître"), ses disques ont continué à circuler parmi un petit cercle d'initiés. C'est pourquoi ils ont tant influencé la musique qui a suivi, du Chicago blues au rock. Même si "RJ-le retour" n'avait pas eu lieu grâce à la réédition de ses 29 titres, la marque de RJ sur la musique serait là.
Bref, je ne prétends pas que "avant RJ, y avait rien" (même pas une mob), mais j'ose dire que "RJ a eu une influence majeure". Pour la guitare ET le chant.
Ce qui n'enlève rien à la qualité ou au génie des autres bluesmen de son époque, ou qui l'ont précédé! dont certains ont évidemment aussi eu une influence sur l'évolution du blues. Je suis le premier à le dire!
PS: tu parles de big Bill. Je suppose que c'est Broonzy. Tu dois savoir qu'il était inconnu du temps de RJ, et que c'est en se produisant en 1938 (le fameux concert organisé par John Hammond, Senior) que sa carrière a vraiment commencé! Il jouait au pied levé en remplacement de Robert Johnson, absent pour cause de mort brutale.
@rené
Euh, cher Boss... A moins que je ne me gourre dans les dates, il me semble qu'il était déjà le guitariste le plus couru de toutes les sessions d'enregistrement à Chicago, non ?
Surtout pour la diversité des styles qu'il était capable de jouer, sans parler de sa maîtrise de la gratte.
@patrice
Broonzy était déjà à Chicago du temps de Papa Charlie Jackson, il a commencé à enregistrer en 1926, il avait gravé plus d'une centaine de titres sous son nom, le double ou le triple en tant qu'accompagnateur, avant que Robert Johnson ne mette les pieds dans un studio et. bien avant 36, il était l'égal de Tampa Red en termes de notoriété, et avait déjà à son actif un nombre de titres fort respectable... sans parler de la suite de sa carrière chez Bluebird, de sa contribution à l'évolutions du blues en tant qu'accompagnateur de Jazz Gillum et Sonny Boy Williamson, y compris à la guitare électrique, mon vieux!
... et je viens de compter les chanteurs que Big Bill a accompagnés avant-guerre, QUARANTE, record absolu pour un guitariste!
... Non, je vais pas me coucher, écoutez donc Long Tall Mama et Bull Cow Blues ( 1932 ) sur les rééditions Yazoo, écoutez les contre-chants en notes simples en compagnie de Georgia Tom, les rags pour deux guitares avec Frank Brasswell, le travail en petites formations, y compris avec des musiciens de jazz comme Punch Miller ou Buster Bennett, tout cela bien avant le concert de 1938. Broonzy n'avait pas l'intensité d'un chanteur du Delta, mais quelle carrière! Et que de précurseurs en sa compagnie dans les studios de Chicago, le fabuleux pianiste Josuah Altheimer déjà cité, l'excellent George Barnes à la guitare électrique ( déjà ! ), et Fred Williams à la batterie, qu'on retrouvera plus tard dans les sessions Bluebird...
Je ne dis pas, que Big Bill était le meilleur ou le plus grand ( quoiqu'en son genre... ;) Je trouve en particulier que vocalement, il ne s'affirmait pas autant qu'il aurait pu le faire, je trouve que sur la quantité impressionnante de morceaux qu'il a enregistrés certains manquent de conviction, tout ce que vous voulez... Mais le blues de Chicago a aussi sa tradition, et même si des "héritiers" de Robert Johnson l'ont régénérée dans les années cinquante, il existe une continuité qui passe par des figures majeures, Big Bill et Tampa Red étant les plus incontournables.
@jean-michel
Mes chers amis bluesophiles,
Sur le débat Robert Johnson vs Big Bill, je pencherais franchement vers Patrice. Effectivement, Big Bill avait vendu bien plus de disques que Robert lorsque celui ci est mort. A Carnegie Hall, il avait interprété "Just a dream" et "I done got wise", deux morceaux à lui. Par contre, pour jouer le paysan du delta, il était arrivé en scène pieds nus, alors que ça faisait belle lurette qu'il n'avait plus vu un champ de coton puisqu'il habitait Chicago depuis longtemps et était très urbanisé. IL avait refait ce coup là en arrivant en France en 53 en se présentant comme "the last of the country blues singers".
A mon avis, Big Bill jouait au moins autant de guitare que Robert, avait des compositions plus nombreuses, dont certaines étaient aussi intéressantes...
La question que je me pose, c'est pourquoi Robert a eu une influence bien supérieure à Big Bill sur une bonne partie de la musique américaine qui est venue après lui... Peut être que si Big Bill était mort à vingt-cinq ans, tué par un mari jaloux (ça aurait tout à fait pu lui arriver) il aurait pu bâtir sa légende. Parce que Robert a une légende et pas trop les autres... Les contemporains de Robert, ceux qui l'avaient vu jouer en parlent en termes élogieux, mais il me semble que Charlie Patton ou Son House avaient beaucoup plus impressionné les gens. Disons que Robert a beaucoup écouté les autres, et fait la synthèse des différents styles de blues qui existaient avant lui.
Une autre réflexion que je me fais à propos de la légende de Robert, c'est que tous les grands du Blues des années 50 n'étaient pas encore à Chicago à l'époque de Robert, ils étaient dans le Delta ou à Memphis: Muddy, le Wolf, Elmore James. Ils n'écoutaient pas trop la musique un peu trop policée du Blue bird sound de Big Bill ou Tampa Red, mais ce qui les entourait, c'est-à-dire les fils directs de Son House et Patton. Robert, ayant fait la synthèse de tout ça, était un modèle bien pratique. Ils se sont donc tous pointés à Chicago avec les musiques de Robert dans la tête, en même temps que la vague d'immigrants du Sud venue travailler dans les usines. Ils ont donc popularisé Robert en l'électrifiant. Pendant ce temps, les auditeurs de Big Bill, les noirs urbains des années 40 commençaient à trouver que cette histoire de blues rappelaient un peu trop l'esclavage et les champs de coton et se sont tourné vers d'autres musiques (le R'n'B ou le jazz). Ce qui fait que Big Bill s'est retrouvé sans public (il a même du venir en France à un moment pour se faire un peu de sous) alors que Robert reprenait une nouvelle vigueur à travers les artistes qui allaient marquer les décennies suivantes. Et aussi l'Angleterre. Lorsque Muddy est arrivé à Londres la première fois (59/60 ?) il a parlé de Robert, Paul Oliver a fait un tapage du diable (c'est le cas de le dire ) autour des deux ou trois morceaux connus de Robert à l'époque, CBS a sorti le premier album et c'était parti... Avant ça, les Américains blancs ne connaissaient Robert qu'à travers deux morceaux sortis le disque "Origin" (1959) "Really the Country Blues".
Tout ça pour dire que les raisons pour lesquelles Robert a fait un tel tabac tiennent à mon avis sur bien d'autres choses que les simples qualités artistiques. Qui sont au demeurant indéniables, Olivier. Mais d'autres en possédaient au moins autant , oui Patrice !
@pierrot
Il me semble avoir vu quelque part que John Hammond avait fait écouter deux morceaux de Robert "walking blues" et "preaching blues" au public du Carnegie Hall..
Je pense également qu'il avait voulu faire venir Robert pour présenter le blues rural dans un programme éclectique certes mais surtout urbain.
Au lieu d'embaucher au dernier moment Big Bill, il aurait sûrement pu choisir un des nombreux gars de la campagne qu'il connaissait, plutôt que de déguiser un citadin.
@patrice
Oui, l'idée de Hammond était de faire une sorte de rétrospective, partant de la musique religieuse pour arriver au swing ( et même un peu au-delà avec Charlie Christian et Lester ) en passant par le New Orleans, le boogie et le blues.
Pourquoi Robert Johnson, se demanderont certains, plutôt que Big Bill si ce dernier était si célèbre? Il est logique de penser qu'il souhaitait illustrer le blues sous son aspect le plus authentiquement "rural", et la plupart des chanteurs de la première génération avaient sérieusement réduit leur activité vers 1930-31, certains étaient morts et d'autres avaient renoncé à la musique.
Cela dit, Big Bill n'est pas apparu "déguisé", puisqu'il a joué chaque fois avec un pianiste ( pauvre Albert Ammons, vraiment peu habitué à ce style! ;) Aucune tricherie, Big bill a fait marrer le public avec ses textes sans chercher à être autre chose que lui-même. On ne saura jamais ce qu'aurait donné la prestation de RJ, en supposant ( s'il n'était prématurément décédé ) que sa timidité maladive ne l'ait pas dissuadé de participer à une manifestation d'une telle envergure au milieu de "vrais" musiciens ( même Big bill se sentait dans ses petits souliers: non, y sont pas "faux" mes accords! ;)))
@rené
Il ne faut pas oublier non plus que John Hammond senior était parfaitement conscient du succès remporté par Robert Johnson dans les états du Sud, que le 78 tours de Terraplane Blues s'était extrêmement bien vendu, et qu'il pensait certainement "assurer" avec une telle recrue.
@pierrot
Il faudrait retrouver les écrits de Hammond senior sur la question.
@patrice
Ahem! Si on relit l'article de John Sebastian de 1939, expliquant que Broonzy, "musicien itinérant typique", "s'est acheté une paire de chaussures neuves et a pris le bus pour New York depuis l'Arkansas", il y a déjà de quoi rigoler un bon coup.
Mais les notes que Hammond a rédigées en 1959 ne sont guère plus honnêtes: "Big Bill Broonzy was prevailed upon to leave his Arkansas farm and mule and make his very first trek to the big city"
Eh oui... reproduit dans le fascicule de la toute fraîche réédition Vanguard! A qui se fier et comment voulez-vous que not' belle jeunesse sépare le bon grain de l'ivresse, sonde le flacon dans ses profondeurs, fasse la différence entre le Four Roses en promo à Carrefour et un Jack Daniel's "single barrel"? ;)
En revanche, Olivier, il y a effectivement un inconnu dont la carrière a démarré à l'occasion de ces concerts: Sonny Terry.
@olivier
Loin de moi l'idée de sous-estimer BBB, que je place avec les plus grands.
N'empêche, RJ a sûrement plus influencé la musique qui l'a suivi (Chicago Blues, Rock). Je devrais dire "la musique que jouais RJ", laissant ainsi leur part à tous ceux, connus ou inconnus, qui, en même temps que lui ou avant lui, jouaient cette même musique.
@lbop
A part ça kicécé qui peut m'essiquer comment un trou du fond comme RJ pouvait connaître les autre joueurs de blues au point d'en être influencé?
@patrice
D'abord premièrement, les médias (quel vilain mot !) ne battaient pas de l'aile, l'industrie du disque était prospère ( yop-la boum! ) et les stations de radio pullulaient, même si les goûts du public avaient changé. Ensuite, non seulement le petit Robert a eu les oreilles bercées depuis sa plus tendre enfance par la musique de tout un tas de "précurseurs" dont vous connaissez les noms mais que peu d'entre vous ont pris la peine d'écouter, mais il a tout bêtement rencontré ses respectables aînés en chair et en os ! Quand Son House et Willie Brown lui ont montré comment utiliser convenablement une guitare, il jouait surtout de l'harmonica, et ses premiers essais n'étaient pas terribles, dit-on.
Mais comme c'était un acharné ( moi, j'appelle ça un musicien ) au lieu d'aller jeûner dans le désert pour rencontrer le diable il est allé écouter et bosser partout où on jouait du blues. West Memphis, St Louis et autres regorgeaient de gars de la cambrousse qui se débrouillaient pas trop mal, s'étaient taillé de solides réputations... comme vous en avez déjà parlé sur la liste, je te renvoie au petit Arnaudon illustré - ou à Herzhaft, chacun ses goûts.
Allez, un petit effort de comparaison: